Ellis
Island est une île face à la ville de New York dans l'Etat du New Jersey,
proche de la Statue
de la Liberté.
Lieu
historique devenu un symbole emblématique et monument historique où les
immigrants débarquaient massivement dans le nouveau monde entre 1er janvier
1892 et le 19 novembre 1954.
Cette île de 1,2 hectares à l'origine, s'est étendue à 11 hectares au fur et à
mesure de la croissance de centre d'examen des immigrants. On pouvait en
période de pointe examiner jusqu'à 5000 personnes par jour.
Ellis Island porte le nom de celui qui était son
propriétaire dans les années 1770 (Samuel Ellis) au moment de la guerre
d'Indépendance. L'Etat de New York racheta l'île et y construira un port
spécial pour accueillir les immigrants en 1892, afin de remplacer Fort Clinton
(Battery Park) devenu inadapté.
Avant 1892 Ellis Island, le
débarquement des voyageurs se faisait à Fort Clinton à l'extrême sud
de Manhattan (aujourd'hui dans Battery Park). Ellis Island s'appelait
alors Fort Gibson et était une place militaire faisant partie de la stratégie
de défense de la ville contre la flotte britannique. Les habitants de Manhattan
se
plaignaient alors, imputant nombre de maux aux immigrés. L'île fut envisagée
comme une bonne solution permettant d'isoler les arrivants avant leur
acceptation et d'éviter les évasions.
Cette enclave accueillera plus de 12 millions de personnes
jusqu'en 1924 et 16 millions jusqu'à sa fermeture en 1954. Plus de 100 millions
d'Américains, soit 40% de la population actuelle, comptent un parent ayant
transité par ce lieu. Ellis Island servira de gare de triage qui permettra de
refouler les immigrants indésirables avant qu'ils ne posent véritablement le
pied sur le continent. Les lois d'immigration interdiront successivement
l'entrée des Etats-Unis aux porteurs de maladies contagieuses, aux polygames,
aux prostituées, aux indigents, aux anarchistes, aux Chinois (en 1882), aux
Japonais (1907) et aux analphabètes (1917).
La construction d'origine, incendiée en 1900,
sera remplacée par 35 bâtiments qui accueilleront jusqu'à un million de
candidats en 1907. Les postulants seront soumis à de nombreux examens dans des
conditions de confort souvent précaires. Chaque dortoir pouvait abriter 300
immigrants et l'hôpital accueillir jusqu'à 500 malades. Environ 3500 personnes
décéderont sur ce que certains appelleront "l'île aux larmes" et
d'autres "une usine à fabriquer des Américains".
Les lois sur les quotas de 1921 et 1924 réduiront considérablement
le flux migratoire. En 1932, les candidats au retour seront plus nombreux que
ceux qui désiraient entrer aux Etats-Unis. Du fait de son activité réduite,
Ellis Island deviendra un lieu de détention pour les "ennemis des
Etats-Unis" au cours de la
Seconde guerre mondiale.
Le centre fermera ses portes en 1954. Il sera abandonné à
son sort jusqu'en 1965, date à laquelle président Johnson en fera un monument
national. Le président de Chrysler Lee Iacocca, à la tête d'un comité de
soutien, mobilisera 156 millions de dollars en 1982 pour restaurer le site et
en faire un musée. Les travaux prendront fin en 1990. Le musée sera inauguré le
10 septembre. Il accueille aujourd'hui deux millions de visiteurs par an.
Construit sur deux niveaux, le musée occupe le bâtiment qui accueillait les immigrants
qui débarquaient et subissaient le premier tri. La visite commence par la Salle des bagages (Baggage
Room) qui constitue le hall d'entrée. Les nouveaux arrivants devaient y laisser
malles et bagages avant d'accomplir les formalités administratives.
Ils devaient ensuite prendre les escaliers pour se rendre à la Salle
d'enregistrement (Registry Room),
construite comme une salle à bestiaux et
également appelée "les six secondes physiques". Des médecins, postés
en haut des marches, faisaient un premier diagnostic en observant comment les
immigrants montaient les marches. Ils signalaient ceux qui méritaient un
contrôle en inscrivant à la craie sur les vêtements le lettre E (Eyes) pour les
yeux, H (Heart) pour le coeur, L (Lungs) pour les poumons et X pour les
déficiences mentales. Ceux qui échappaient à la visite pouvaient directement
accomplir les formalités d'entrer sur le territoire.
L'Escalier de la Séparation
(Stairway of Separation) servait d'aiguillage final.
Les 98% personnes admises
pouvaient se rendre à un bureau de change et au guichet des ferry-boats pour
New Jersey ou Manhattan. Les exclus prenaient le couloir central qui les
conduisait vers les dortoirs ou l'hôpital. Le système refoulera environ 250.000
personnes qui devaient embarqués sur les navires en partance. Les ailes situées
dans les ailes du premier étage exposent des portraits et des affaires
personnelles des expatriés volontaires. Certaines photos montrent des
immigrants qui serrent entre les dents leurs cartes d'immatriculation, d'autres
dont le billet de train est épinglé au revers du col. Nombreux ne savaient pas
ce qui les attendaient. Les rues de New York n'étaient pas pavées d'or. En
fait, le plus souvent, elles n'étaient pas pavées du tout. Et ils comprenaient
alors que c'était pour qu'ils les pavent qu'on les avait fait venir.
Arrivées à Ellis
island
En débarquant du bateau qui les avait amenés jusque là, les
aspirants à l’immigration subissaient un examen médical et un examen
administratif. Le but était de vérifier
que le candidat répondait aux critères d’admission à l’immigration vers les Etats-Unis
était apte à travailler et à gagner sa vie et ne constituait pas une menace
pour la société.
Examen médical
- L'examen médical commençait dès la montée des marches nécessaire pour accéder à la
salle principale du bâtiment. Des médecins militaires, en uniforme et intimidants, observaient la démarche des candidats, cherchant les signes de 60 affections ou défauts (physiques et mentaux) chez chaque individu. Étant donné le très grand nombre de personnes à examiner chaque jour et le peu de médecins disponibles, 6 secondes étaient accordées en moyenne à
chaque arrivant. Si un problème était suspecté, le sujet était marqué à la craie, identifié ainsi pour subir un examen plus approfondi.
- Puis chaque arrivant subissait une série d'examens tout aussi rapides mais plus précis. Il y avait notamment un examen des yeux(le dessous de la paupières) effectué grâce à un crochet à boutons.
Examen administratif
Une série de questions était posée à chaque
arrivant. Souvent, le problème de la langue se posait, on trouvait alors un
traducteur. Il n'y avait aucun moyen de recouper les informations, les agents
s'appliquaient donc à être intimidants et suspicieux afin de débusquer les
menteurs éventuels. Sans que cela ait été officiel durant toute la période de
fonctionnement du centre, la règle générale voulait que chaque immigrant devait
avoir avec lui de quoi payer le voyage jusqu'à sa destination finale et 25
dollars (l'équivalent d'une semaine de salaire d'un fonctionnaire comme ceux
travaillant sur l'île de l'époque)
Contrairement à ce qui pouvait être pensé, le
fait d'avoir un emploi prévu en arrivant était une raison suffisante de renvoi.
Cela s'explique par le problème que posaient les immigrants misérables à qui on
faisait miroiter un travail bien payé selon les normes de leurs pays d'origine,
mais qui n'aurait pas été suffisant pour subvenir à leurs besoins aux
Etats-unis. Une autre raison était que les travailleurs déjà sur place
refusaient la concurrence des étrangers sous-payés.
Les rejetés
En cas de refus de l'administration, le retour du
candidat se faisait si possible dans le même bateau que l'arrivée, à la charge
des différents transporteurs.
Les enfants de moins de 10 ans qui étaient
refusés étaient renvoyés accompagnés d'un adulte à la charge du port mais ceux
qui avaient plus de 10 ans étaient considérés comme capables de se débrouiller
seuls. Si l'un des parents voulaient le raccompagner ils devaient payer un
billet de retour pour un adulte. La plupart du temps les personnes refusées
n'étaient pas renvoyées dans leur pays d'origine.
Le Centre d'histoire de l'immigration de la famille
américaine du musée de l'immigration d'Ellis Island a constitué une base de
données informatisée qui recense les personnes ayant transité sur l'île. Le
travail d'archivage, accompli par 12.000 bénévoles de l'Eglise de Jésus-Christ
des Saints des Derniers Jours, a commencé en 1993 et a pris fin en 2000. Il a
nécessité 5,6 millions d'heures de travail.
22 millions de noms ont été extraits des listes d'arrivées de passagers entre
janvier 1892 et décembre 1924, parmi lesquels des étrangers, des citoyens
américains, des membres d'équipage, des étrangers non immigrants, des déportés,
et des gens qui avaient raté le bateau. Ce travail recense 71% des arrivées aux
Etats-Unis de 1892 à 1924.
Les registres individuels comportaient généralement les renseignements suivants
: nom et prénoms du passager, nom du navire, port de départ, port d'arrivée et
date d'arrivée. Pouvaient également être mentionnés le sexe, la situation de
famille, la nationalité, des parents ou des amis en dehors des Etats-Unis, des
parents aux Etats-Unis, la date et le lieu exacts de naissance. Le nombre de
colonnes de renseignement passera de 15 colonnes les premières années à 36 dans
les dernières. Les ports de départ les plus souvent mentionnés étaient situés
dans les pays suivants: Italie, Autriche, Hongrie, Russie, Finlande,
Angleterre, Irlande, Ecosse, Canada, Terre-neuve, Allemagne et Pologne.
Le visiteur qui découvre un ancêtre dans la base de données peut imprimer une
copie du manifeste des passagers et une photo du navire sur lequel cet ancêtre
s'était embarqué. Les internautes peuvent consulter la base de données sur le
site "ellisislandrecords.org". Les Etats-Unis accueillent aujourd'hui
environ 700.000 personnes par an. En 1780, un Américain sur quatre était le
descendant d'un Anglais ou d'un Irlandais. La première vague importante
d'immigration, en provenance d'Europe, aura lieu entre 1840 et 1860. Elle sera
essentiellement composée d'Irlandais, d'Allemands et de Juifs d'Europe de
l'Est.
La loi Johnson-Reed, votée par le Congrès en 1924, instituera un système de
quotas par pays basé sur les origines des personnes vivant déjà aux Etats-Unis.
Cette décision devait favoriser les Européens et freiner l'immigration de la
communauté asiatique dans l'Ouest. Une nouvelle législation mettra un terme à
cette ségrégation en 1952. Aujourd'hui, la communauté asiatique est celle qui
augmente le plus rapidement et qui s'adapte le mieux au pays. Certaines
universités américaines prestigieuses ont du adopter des mesures spécifiques
pour rendre leur accès plus difficile à cette communauté qui menaçait de
devenir majoritaire parmi les étudiants ! En 1950, moins de 4 millions de
personnes avaient des origines hispaniques. Ce total s'élève aujourd'hui à 27
millions. La moitié des Hispaniques viennent du Mexique, les autres d'Amérique
Latine ou du Sud, comme le Salvador,
la République Dominicaine, la Colombie,
et Cuba.Plus d'un tiers de cette communauté vit en Californie.Les Cubains
sont très représentés en Floride et les Mexicains au Nouveau-Mexique.
Les quotas nationaux ont été
remplacés par des quotas par hémisphère en 1965, la préférence étant donnée aux
parents de citoyens américains et à des personnes possédant des qualités
professionnelles adaptées au marché du travail américain. Le système de quotas
par hémisphère sera abandonné en 1978. Depuis 1990, le gouvernement s'est fixé
un cap de 675000 d'immigrants par an. La nouvelle loi tente de sélectionner des
immigrants très qualifiés et d'attirer des groupes encore peu représentés avec
le programme de "Diversity Visas".
Source : INSECULA
guide du voyageur www.insecula .com et www.Wikipédia